Première chronique d'un voyage à vélo
Pas de décalage horaire, ni de frontières traversées, mais le voyage m'attendait sur la route, le vent tannant prêt à me souffler dans le dos jusque dans le Bas St-Laurent. Et il souffle ce vent frais, portant mes roues sur le bitume, rencontrant au détour de cette route verte les maisons ancestrales si longues qu'elles rendent jalouses les paquebots devenus canots au loin sur le fleuve. Vivement le vélo et l'air du temps, des potagers que j'ai le temps d'observer, aux noms des maisons sculptés dans tout le spectre de l'artisanat, du quétaine à l'oeuvre d'art. Et quand le parfum du moment est la ferme dans toute sa splendeur, ça sent longtemps sur deux roues!
Deux roues d'ailleurs qui me surprennent à redécouvrir une région tant de fois explorée, dans le ventre de maman, avec la clique des soeurs et cousins, en bus, en char, sur le pouce., ce fleuve qui vit tous les jours, remportant la palme des changements de couleurs. Un jamais vu tout le temps.
Une pause expresso au vieux presbytère, le bon café me mène vers un moins bon, à l'ombre de la Rivière-Ouelle où jadis vivait un autre monde de mes 10 ans, des restos aujourd'hui fermés aux dépanneurs abandonnés, de grand-maman et médé que j'ai salué de la route, reposant sous les pierres. On a tous des routes à prendre, des chemins à parcourir, d'autres seront juste plus longs. Plus tristes. Mais on sait qu'il y en a des plus beaux. Et c'est pour ça qu'on continue la cadence, des pédales ou de la vie, ou des deux c'est encore mieux!
Les routes sont poésies, leurs noms racontent l'histoire. Du chemin des Gallants, à la montée Dufour, la Cotes-des-bains, il y avait des gens derrière les pancartes et des images dans la tête de ceux qui les ont baptisées. Car les noms parlent. Objectif lune, quel beau nom pour un bateau rencontré entre chien et loup au bord du grand bleu. Est-ce que ça se partage pour un vélo?
Bref, je me porte bien, mes jambes aussi, et ma première journée à vie de 100 km! (peut-être la dernière...). Merci au vent tannant et malicieux, qui ne pouvait s'empêcher de me pousser dans le dos! Reste mon ami vent du St-Laurent!
lundi 20 août 2007
La tournée...des expressos
Deuxième chronique d'un voyage à vélo
Les mollets vont bien malgré les premières vraies côtes. J'ai fait la moitié de mon trajet aujourd'hui, Rimouski pour un expresso au bord de l'eau..il me reste qu'un autre 300 km pour atteindre Carleton!
Le temps en vélo est précieux, c'est se permettre de voir et revoir. Les grands constats ! de mes 3 jours de pédale...plus une cabane à patate sur le bord de la route est peinturée de toutes les couleurs sur du plywood avec des slogans maison tapageurs, plus il y a de chances qu'elle soit fermée! Plus ton wannabago dans un camping est gros, plus le chien que tu promènes sera petit et bruyant. Plus le village est vide de commerces, plus les salon funéraires poussent comme des champignons...plus on pense qu'un voyage sera zen, plus on finit par penser à des niaiseries (donc les niaseux seraient-ils plus zen??)!
alors à bientôt. de l'autre côté de la gaspésie, les deux pieds dans l'eau de la Baie!
Les mollets vont bien malgré les premières vraies côtes. J'ai fait la moitié de mon trajet aujourd'hui, Rimouski pour un expresso au bord de l'eau..il me reste qu'un autre 300 km pour atteindre Carleton!
Le temps en vélo est précieux, c'est se permettre de voir et revoir. Les grands constats ! de mes 3 jours de pédale...plus une cabane à patate sur le bord de la route est peinturée de toutes les couleurs sur du plywood avec des slogans maison tapageurs, plus il y a de chances qu'elle soit fermée! Plus ton wannabago dans un camping est gros, plus le chien que tu promènes sera petit et bruyant. Plus le village est vide de commerces, plus les salon funéraires poussent comme des champignons...plus on pense qu'un voyage sera zen, plus on finit par penser à des niaiseries (donc les niaseux seraient-ils plus zen??)!
alors à bientôt. de l'autre côté de la gaspésie, les deux pieds dans l'eau de la Baie!
Surconsommation estivale
Troisième chronique d'un voyage à vélo
La chance du débutant a atteint ses limites! La pluie, la pluie, la pluie, un mur d'eau...je suis plissée comme si j'avais pris un bain de 4 heures (et sans la mousse ...).
Je n'en finis plus d'être fascinée par les wanabagos...c'est la banlieue de Laval concentrée entre des allées de chaises de parterre walmart, c'est un peu traîner sa p'tite vie plate derrière un 4 x4. Fallait bien être en vélo pour se plonger dans le monde de la surconsommation du camping et des pick-up en tout genre...et des chaises berçantes pliantes de parterres...
Mais n'empêche que sur la route j'entends le battement des ailes des hérons qui s'envolent, les balles de tenis qui se frappent derrière les hautes haies des villas de riches de Métis. J'arrête manger des framboises et des fraises des champs quand je vois le fossé si rouge. Et avec mon nouveau sens aigu de la météo, développé depuis dimanche dernier, je sentais bien que le vent tournait de bord, que tout d'un coup il y avait de la folie en l'air. Mon instinct est fiable, lorsqu'au tournant d'une colline j'aperçois des dizaines d'éoliennes plantées comme de grands vire-vents...
Alors je continue ma route, mouillée, détrempée, et pas chic chic comme on dit!
à bientôt
véro
La chance du débutant a atteint ses limites! La pluie, la pluie, la pluie, un mur d'eau...je suis plissée comme si j'avais pris un bain de 4 heures (et sans la mousse ...).
Je n'en finis plus d'être fascinée par les wanabagos...c'est la banlieue de Laval concentrée entre des allées de chaises de parterre walmart, c'est un peu traîner sa p'tite vie plate derrière un 4 x4. Fallait bien être en vélo pour se plonger dans le monde de la surconsommation du camping et des pick-up en tout genre...et des chaises berçantes pliantes de parterres...
Mais n'empêche que sur la route j'entends le battement des ailes des hérons qui s'envolent, les balles de tenis qui se frappent derrière les hautes haies des villas de riches de Métis. J'arrête manger des framboises et des fraises des champs quand je vois le fossé si rouge. Et avec mon nouveau sens aigu de la météo, développé depuis dimanche dernier, je sentais bien que le vent tournait de bord, que tout d'un coup il y avait de la folie en l'air. Mon instinct est fiable, lorsqu'au tournant d'une colline j'aperçois des dizaines d'éoliennes plantées comme de grands vire-vents...
Alors je continue ma route, mouillée, détrempée, et pas chic chic comme on dit!
à bientôt
véro
Il fallait bien arriver un jour
Dernière chronique d'un voyage à vélo
Dans des derniers jours de pédales, où la pluie m'a surprise par sa violence, j'ai établi mes pénates à l'hotel Amqui, saloon encore vivant d'une époque des voyageurs de grands chemin. `" Bienvenue dans'a' région ma tite dame" entonnent les maquereaux attablés pour le special sur la grosse bière. Diane la waitress joue le maitre d'hôtel aussi, et prend sous son aile la pauvre cycliste détrempée que j'étais en m'ouvrant toute grandes les portes de sa sécheuse. Gros luxe pour ma seule nuit au chaud, la tivi câblée, et un chansonnier qui s'épanche au premier étage, soit juste au-dessous de ma chambre.
Et c'est reparti pour 2 jours encore, un détour par le party de région à s'enfiler de la labatt dans des bons verres de plastiques sous les effluves du bbq commandité par la caisse pop du coin! Et l'une des plus belles journées de vélo à vie, à rouler comme un promeneur du dimanche le long de la rivière Matapédia, prise en otage entre les parois rocheuses et fascinée par le bruit des soies des pêcheurs à saumon qui fendent l'air à la recherche de la prise mémorable. La Baie-des-chaleurs s'ouvre comme deux bras pour m'accueillir, les silhouettes bleutées et longiformes des grands hérons tiennent lieu de sentinelles et au loin s'érigent les cheminées d'usine du Nouveau-brunswick qui me rappellent avec dégoût l'action humaine mercantile. Grand constat de 650 km à vélo, une si belle nature, si importante à préserver.
Lundi je suis sortie de ma réclusion solitaire sur deux roues, 9 jours en solo, sans paroles , ou si peu. Drôle retour au monde sociable, une cycliste cloîtrée presque. Sous la canicule gaspésienne, il ne me reste qu'à profiter de ces merveilleux moments en compagnie de mon merveilleux cousin!
alors on se revoit à mourial, d'autres en gaspésie, et certains au hasard des chemins!bonnes vacances!
vero, bien contente de sa route!
Dans des derniers jours de pédales, où la pluie m'a surprise par sa violence, j'ai établi mes pénates à l'hotel Amqui, saloon encore vivant d'une époque des voyageurs de grands chemin. `" Bienvenue dans'a' région ma tite dame" entonnent les maquereaux attablés pour le special sur la grosse bière. Diane la waitress joue le maitre d'hôtel aussi, et prend sous son aile la pauvre cycliste détrempée que j'étais en m'ouvrant toute grandes les portes de sa sécheuse. Gros luxe pour ma seule nuit au chaud, la tivi câblée, et un chansonnier qui s'épanche au premier étage, soit juste au-dessous de ma chambre.
Et c'est reparti pour 2 jours encore, un détour par le party de région à s'enfiler de la labatt dans des bons verres de plastiques sous les effluves du bbq commandité par la caisse pop du coin! Et l'une des plus belles journées de vélo à vie, à rouler comme un promeneur du dimanche le long de la rivière Matapédia, prise en otage entre les parois rocheuses et fascinée par le bruit des soies des pêcheurs à saumon qui fendent l'air à la recherche de la prise mémorable. La Baie-des-chaleurs s'ouvre comme deux bras pour m'accueillir, les silhouettes bleutées et longiformes des grands hérons tiennent lieu de sentinelles et au loin s'érigent les cheminées d'usine du Nouveau-brunswick qui me rappellent avec dégoût l'action humaine mercantile. Grand constat de 650 km à vélo, une si belle nature, si importante à préserver.
Lundi je suis sortie de ma réclusion solitaire sur deux roues, 9 jours en solo, sans paroles , ou si peu. Drôle retour au monde sociable, une cycliste cloîtrée presque. Sous la canicule gaspésienne, il ne me reste qu'à profiter de ces merveilleux moments en compagnie de mon merveilleux cousin!
alors on se revoit à mourial, d'autres en gaspésie, et certains au hasard des chemins!bonnes vacances!
vero, bien contente de sa route!
mardi 22 mai 2007
Mon vélo est un scab
Vive la grève! C'est le "antique road show "qui prend d'assaut les pistes cyclables ! Combien ça vaut un banc banane chauffé par un alco? Un hindou qui s'accommode du turban plutôt que du casque de bicyke..d'ailleurs, est-ce que c'est pas mieux ça qu'un gogosse Canadian Tire annoncé par deux crapets qui rêvent de télé en camping pis de DVD en char ? Y'a même un voleur au parfum des secrets du comité de négo de la STM...mon vélo rapîdo s'est envolé le jour même de la débandade du transport collectif! Il était vert mon ami à rayons disparu. Vert. Comme le plan de transport de Mourial.
Les employés d'entretien ne croyaient sûrement pas si bien faire; nettoyer les fonds de ruelles en dépoussiérant les machines à deux roues, en prenant les guidons par les cornes rouillées, pour dompter une ville qui a fermé son sous-sol. En grève! Dehors tout le monde, sur les trottoirs svp, il y a des rues à fouler et des pistes à rouler! Circuler, j'ai une convention à revendiquer!
Et si le grand air enivrait, que les mouvements de pédales mal huilées, que le raillement des chaînes oxydées faisaient renoncer aux cartes mensuelles ? Et si Mourial devenait verte. Et si je retrouvais mon vélo vert. Et si retrouvé je le vendais à Yolande ou Jacques ou Daniel ou Margaret ou toi, qui avaient justement oublié la douce brise lorsque l'on mord l'asphalte à coup de pédales. Et si je m'achetais une passe avec mon profit, est-ce que la grève se réglerait?
Les roues ne tournent pas si bien ni si vite. Sauf celles de mon vélo.
Bonne grève!
Les employés d'entretien ne croyaient sûrement pas si bien faire; nettoyer les fonds de ruelles en dépoussiérant les machines à deux roues, en prenant les guidons par les cornes rouillées, pour dompter une ville qui a fermé son sous-sol. En grève! Dehors tout le monde, sur les trottoirs svp, il y a des rues à fouler et des pistes à rouler! Circuler, j'ai une convention à revendiquer!
Et si le grand air enivrait, que les mouvements de pédales mal huilées, que le raillement des chaînes oxydées faisaient renoncer aux cartes mensuelles ? Et si Mourial devenait verte. Et si je retrouvais mon vélo vert. Et si retrouvé je le vendais à Yolande ou Jacques ou Daniel ou Margaret ou toi, qui avaient justement oublié la douce brise lorsque l'on mord l'asphalte à coup de pédales. Et si je m'achetais une passe avec mon profit, est-ce que la grève se réglerait?
Les roues ne tournent pas si bien ni si vite. Sauf celles de mon vélo.
Bonne grève!
lundi 14 mai 2007
Sur mon banc
Sur mon banc assiégé, vole du gaspillage de papier. Le metro est plein mais son journal est vide. Comme ces bancs des stations qui s’ennuient de ceux qui n’ont plus le droit d’être piétons.
Il coûte en moyenne 3 000 $ pour se coucher sur un banc à Montréal. S’étendre aussi sur le plancher d’un véhicule, ça coûte le même pactole, c’est juste un peu plus sale. C’est sûrement le banc qui vaut cher. Un maudit beau banc de plastique rare en voix d’extinction. Une autre espèce à protéger de la folie humaine.
Rôder, flâner, entraver, signaler, arrêter, contreventionner, payer, endetter, ruiner. Est-ce qu’avec une chaise longue plutôt qu’un banc public s’aliter serait une aubaine? Police ratée, t’aurais l’air smath avec ton ticket pour cause de bronzage excessif au coin des rue St-Denis et Ste-Cath. Pis si jamais J.-P. traînait son tapis pour s’étendre dans l’fond du métro, qu’est-ce qui te dirait, à toi, Gros bras moustachu, qu’il ne fait pas du yoga?
Y’en a qui se paient un lit d’eau pendant que d’autres meurent de soif. D’autres qui meurent sur le frète du béton pis qui s’endettent sans voir l’espoir d’une couverte. Des polices qui s’enfargent dans la rage de ceux qui vivent de mirages.
Un banc qui souhaitait juste servir de divan pour un édredon de carton.
V., fâchée par la lecture du journal
Sur mon banc assiégé, vole du gaspillage de papier. Le metro est plein mais son journal est vide. Comme ces bancs des stations qui s’ennuient de ceux qui n’ont plus le droit d’être piétons.
Il coûte en moyenne 3 000 $ pour se coucher sur un banc à Montréal. S’étendre aussi sur le plancher d’un véhicule, ça coûte le même pactole, c’est juste un peu plus sale. C’est sûrement le banc qui vaut cher. Un maudit beau banc de plastique rare en voix d’extinction. Une autre espèce à protéger de la folie humaine.
Rôder, flâner, entraver, signaler, arrêter, contreventionner, payer, endetter, ruiner. Est-ce qu’avec une chaise longue plutôt qu’un banc public s’aliter serait une aubaine? Police ratée, t’aurais l’air smath avec ton ticket pour cause de bronzage excessif au coin des rue St-Denis et Ste-Cath. Pis si jamais J.-P. traînait son tapis pour s’étendre dans l’fond du métro, qu’est-ce qui te dirait, à toi, Gros bras moustachu, qu’il ne fait pas du yoga?
Y’en a qui se paient un lit d’eau pendant que d’autres meurent de soif. D’autres qui meurent sur le frète du béton pis qui s’endettent sans voir l’espoir d’une couverte. Des polices qui s’enfargent dans la rage de ceux qui vivent de mirages.
Un banc qui souhaitait juste servir de divan pour un édredon de carton.
V., fâchée par la lecture du journal
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