Première chronique d'un voyage à vélo
Pas de décalage horaire, ni de frontières traversées, mais le voyage m'attendait sur la route, le vent tannant prêt à me souffler dans le dos jusque dans le Bas St-Laurent. Et il souffle ce vent frais, portant mes roues sur le bitume, rencontrant au détour de cette route verte les maisons ancestrales si longues qu'elles rendent jalouses les paquebots devenus canots au loin sur le fleuve. Vivement le vélo et l'air du temps, des potagers que j'ai le temps d'observer, aux noms des maisons sculptés dans tout le spectre de l'artisanat, du quétaine à l'oeuvre d'art. Et quand le parfum du moment est la ferme dans toute sa splendeur, ça sent longtemps sur deux roues!
Deux roues d'ailleurs qui me surprennent à redécouvrir une région tant de fois explorée, dans le ventre de maman, avec la clique des soeurs et cousins, en bus, en char, sur le pouce., ce fleuve qui vit tous les jours, remportant la palme des changements de couleurs. Un jamais vu tout le temps.
Une pause expresso au vieux presbytère, le bon café me mène vers un moins bon, à l'ombre de la Rivière-Ouelle où jadis vivait un autre monde de mes 10 ans, des restos aujourd'hui fermés aux dépanneurs abandonnés, de grand-maman et médé que j'ai salué de la route, reposant sous les pierres. On a tous des routes à prendre, des chemins à parcourir, d'autres seront juste plus longs. Plus tristes. Mais on sait qu'il y en a des plus beaux. Et c'est pour ça qu'on continue la cadence, des pédales ou de la vie, ou des deux c'est encore mieux!
Les routes sont poésies, leurs noms racontent l'histoire. Du chemin des Gallants, à la montée Dufour, la Cotes-des-bains, il y avait des gens derrière les pancartes et des images dans la tête de ceux qui les ont baptisées. Car les noms parlent. Objectif lune, quel beau nom pour un bateau rencontré entre chien et loup au bord du grand bleu. Est-ce que ça se partage pour un vélo?
Bref, je me porte bien, mes jambes aussi, et ma première journée à vie de 100 km! (peut-être la dernière...). Merci au vent tannant et malicieux, qui ne pouvait s'empêcher de me pousser dans le dos! Reste mon ami vent du St-Laurent!
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