lundi 14 mai 2007

Sur mon banc


Sur mon banc assiégé, vole du gaspillage de papier. Le metro est plein mais son journal est vide. Comme ces bancs des stations qui s’ennuient de ceux qui n’ont plus le droit d’être piétons.

Il coûte en moyenne 3 000 $ pour se coucher sur un banc à Montréal. S’étendre aussi sur le plancher d’un véhicule, ça coûte le même pactole, c’est juste un peu plus sale. C’est sûrement le banc qui vaut cher. Un maudit beau banc de plastique rare en voix d’extinction. Une autre espèce à protéger de la folie humaine.

Rôder, flâner, entraver, signaler, arrêter, contreventionner, payer, endetter, ruiner. Est-ce qu’avec une chaise longue plutôt qu’un banc public s’aliter serait une aubaine? Police ratée, t’aurais l’air smath avec ton ticket pour cause de bronzage excessif au coin des rue St-Denis et Ste-Cath. Pis si jamais J.-P. traînait son tapis pour s’étendre dans l’fond du métro, qu’est-ce qui te dirait, à toi, Gros bras moustachu, qu’il ne fait pas du yoga?

Y’en a qui se paient un lit d’eau pendant que d’autres meurent de soif. D’autres qui meurent sur le frète du béton pis qui s’endettent sans voir l’espoir d’une couverte. Des polices qui s’enfargent dans la rage de ceux qui vivent de mirages.

Un banc qui souhaitait juste servir de divan pour un édredon de carton.

V., fâchée par la lecture du journal

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